Depuis vingt ans, la répartition du PIB entre les pays de l’Union européenne s’est sensiblement transformée : l’Allemagne reste la première économie du bloc mais voit son poids relatif s’éroder légèrement, tandis que la Pologne et l’Irlande progressent fortement, portées respectivement par une croissance industrielle soutenue et par l’implantation de multinationales attirées par une fiscalité avantageuse.
Quels pays ont vu leur part du PIB européen augmenter ?
La Pologne figure parmi les grandes gagnantes de la période : son économie, longtemps en rattrapage après son adhésion à l’UE en 2004, a vu sa contribution au PIB communautaire nettement progresser grâce à une croissance industrielle et exportatrice constante. L’Irlande a connu une trajectoire encore plus spectaculaire, sa part ayant fortement grimpé sous l’effet de l’implantation de sièges de grandes entreprises technologiques et pharmaceutiques, un phénomène en partie lié à des mécanismes d’optimisation fiscale plutôt qu’à une expansion purement domestique. D’autres économies d’Europe centrale, comme la Roumanie ou la République tchèque, affichent également une trajectoire ascendante, reflet d’un rattrapage économique engagé depuis leur entrée dans l’Union.
Pourquoi certaines grandes économies reculent-elles relativement ?
Le recul relatif de pays comme l’Italie ou, dans une moindre mesure, la France et l’Allemagne, s’explique moins par une contraction de leur activité que par une croissance plus lente comparée à celle des économies émergentes de l’UE. L’Allemagne demeure la première puissance économique du bloc, mais son influence relative diminue mécaniquement à mesure que d’autres pays croissent plus vite. L’Italie, confrontée à une croissance atone depuis la crise financière de 2008 et la crise de la dette souveraine du début des années 2010, a vu sa part reculer de façon plus marquée.
« Le classement des poids économiques nationaux au sein de l’UE reflète moins un déclin absolu qu’une redistribution liée aux rythmes de croissance différenciés entre l’Ouest et l’Est du continent », souligne l’analyse.
Que révèle cette évolution sur l’équilibre économique de l’UE ?
Cette recomposition traduit un rééquilibrage progressif entre les économies historiques de l’Europe occidentale et les pays d’Europe centrale et orientale entrés dans l’Union depuis 2004. Elle illustre aussi l’impact durable de certains chocs, comme la crise financière de 2008, la crise de la dette souveraine ou plus récemment la pandémie de Covid-19 et la crise énergétique, qui ont affecté différemment la croissance des États membres selon leur structure économique.
