Une équipe d’universitaires américaines a suivi pendant plus de dix ans des jeunes femmes zambiennes ayant reçu une formation à la négociation, afin de mesurer l’effet de cet apprentissage sur leurs revenus, leur autonomie et leurs choix de vie. Les résultats montrent que ces compétences, loin d’être innées, peuvent être enseignées et produire des bénéfices économiques durables.
Pourquoi la négociation compte-t-elle autant pour les femmes ?
Dans de nombreuses sociétés patriarcales, les femmes disposent d’un pouvoir économique limité et doivent l’exercer avec beaucoup de finesse pour améliorer leur situation, que ce soit dans le cadre du mariage, du travail ou de la gestion de leur budget familial. Le projet de recherche mené en Zambie part de ce constat pour tester une hypothèse simple : si négocier efficacement est une compétence, et non un trait de caractère figé, alors elle peut s’enseigner et améliorer concrètement les perspectives économiques des femmes sur le long terme.
Que révèle l’étude menée en Zambie ?
Le programme de recherche, conduit par des chercheuses américaines, a consisté à former des groupes de jeunes femmes à des techniques de négociation, puis à comparer leur trajectoire à celle de femmes n’ayant pas suivi cette formation. Les données collectées sur plus d’une décennie indiquent que celles ayant bénéficié de cet apprentissage ont pu mieux défendre leurs intérêts économiques dans la durée, que ce soit dans leurs relations professionnelles, familiales ou communautaires.
Ce que nous montrent ces résultats, c’est que la capacité à négocier n’est pas une question de nature, mais bien de nurture, autrement dit d’éducation et d’apprentissage, selon les autrices de l’étude.
Quelles implications pour les politiques publiques ?
Ces conclusions renforcent l’idée que des programmes ciblés de formation, même modestes, peuvent avoir un effet multiplicateur sur l’autonomisation économique des femmes dans les pays en développement. En misant sur l’acquisition de compétences pratiques comme la négociation, plutôt que sur des transferts financiers ponctuels, les décideurs pourraient obtenir des résultats plus durables en matière de réduction des inégalités économiques entre les sexes.

