De plus en plus d’étudiants anglais choisissent, ou plutôt sont contraints, de rester vivre chez leurs parents pendant leurs études universitaires, selon des données récentes du service britannique d’admission Ucas. Cette tendance touche massivement les jeunes issus des quartiers les plus défavorisés, où plus de la moitié des futurs étudiants prévoient de résider au domicile familial, contre moins d’un cinquième dans les zones les plus favorisées.
Pourquoi les étudiants renoncent-ils à quitter le foyer familial ?
La principale raison tient à l’envolée des coûts du logement étudiant en Angleterre, qui rend le déménagement vers une ville universitaire financièrement inaccessible pour de nombreuses familles modestes. À cela s’ajoutent un système de prêts étudiants jugé de plus en plus pénalisant et des perspectives d’emploi à la sortie des études qui s’assombrissent, deux facteurs qui alourdissent encore le calcul économique des familles avant la rentrée.
Cette situation crée une fracture nette entre deux catégories d’étudiants : ceux qui décident librement de rester près de leurs proches, souvent par confort ou pour des raisons pratiques, et ceux qui n’ont tout simplement pas d’autre option viable. L’écart observé par Ucas entre les jeunes des zones défavorisées et ceux des zones aisées illustre cette dynamique, où le choix personnel cède largement la place à la contrainte budgétaire.
Quel impact sur l’expérience étudiante et le passage à l’âge adulte ?
Selon l’auteur de la tribune, cette évolution prive une partie de la jeunesse d’une étape importante de son développement personnel, celle de l’autonomie et de l’apprentissage de la vie adulte loin du cocon familial. Vivre en résidence universitaire ou en colocation reste, pour beaucoup, une expérience formatrice qui permet d’acquérir des compétences pratiques et sociales difficiles à développer en restant chez ses parents.
Le fossé entre étudiants riches et pauvres ne se limite plus à l’accès aux études, il façonne désormais toute l’expérience universitaire elle-même.
Malgré ce contexte économique tendu, le nombre de lycéens s’inscrivant à l’université en Angleterre devrait atteindre un niveau record cette rentrée de septembre et octobre. Cela suggère que, malgré les sacrifices imposés par la hausse des loyers et l’incertitude sur les débouchés professionnels, les jeunes continuent de considérer les études supérieures comme un investissement essentiel pour leur avenir.

