Klaus-Michael Kühne, considéré comme l’homme le plus riche d’Allemagne et figure historique du groupe de logistique Kühne+Nagel, est mort. Sans enfants et résident d’un canton suisse dépourvu de droits de succession, sa fortune estimée à 42,2 milliards d’euros a été intégralement transférée à une fondation, qui devient ainsi l’une des plus dotées d’Europe.
Pourquoi cette fortune a-t-elle échappé à toute taxation ?
Klaus-Michael Kühne avait établi sa résidence dans un canton suisse, généralement identifié comme celui de Schwyz, réputé pour sa fiscalité avantageuse et l’absence de droits de succession. N’ayant pas d’enfants, il ne disposait pas d’héritiers directs auxquels transmettre son patrimoine selon les règles classiques de succession, ce qui a facilité le transfert intégral de ses avoirs vers une structure fondationnelle plutôt que vers des proches.
Cette opération fait naître l’une des fondations les plus riches du continent européen.
Que va devenir cette fondation issue de l’héritage Kühne ?
La fondation hérite désormais d’un patrimoine évalué à 42,2 milliards d’euros, ce qui la place parmi les toutes premières fortunes fondationnelles en Europe. Compte tenu du poids de Klaus-Michael Kühne dans le capital de Kühne+Nagel, entreprise mondiale du transport et de la logistique, cette fondation pourrait jouer un rôle central dans la gouvernance future du groupe et dans l’orientation de ses activités philanthropiques ou industrielles.
Quelles conséquences pour le débat sur la fiscalité des grandes fortunes ?
Ce transfert sans imposition relance les discussions sur l’optimisation fiscale des grandes fortunes européennes, notamment le recours à des résidences dans des cantons suisses à faible fiscalité successorale. L’ampleur de la somme concernée illustre comment des choix de domiciliation peuvent permettre à un patrimoine considérable de passer intégralement d’un individu à une entité juridique sans prélèvement de l’État.
