Le système britannique d’épargne retraite privée, censé garantir une vieillesse décente, profite en réalité surtout aux ménages aisés grâce à des allégements fiscaux avantageux, selon une analyse publiée dans le Guardian. Le ministre du Travail et des Pensions, John Healey, est appelé à revoir ce dispositif afin de réduire les écarts croissants entre riches et pauvres à la retraite, mais aussi entre générations.
Pourquoi les pensions privées favorisent-elles les plus riches ?
Les pensions privées bénéficient d’une déduction fiscale calculée selon le taux marginal d’imposition de l’épargnant, ce qui signifie que les contribuables les plus fortunés, soumis aux tranches supérieures, reçoivent une subvention publique bien plus généreuse que les salariés modestes pour chaque livre sterling épargnée. Ce mécanisme, présenté à l’origine comme une incitation universelle à préparer sa retraite, se transforme ainsi en un outil qui accentue les inégalités patrimoniales plutôt que de les corriger.
Les ménages à hauts revenus disposent également de davantage de capacité d’épargne et de conseils financiers spécialisés, ce qui leur permet de tirer un bénéfice maximal des plafonds de cotisation défiscalisée. À l’inverse, les travailleurs aux revenus plus faibles, souvent dans l’incapacité d’épargner au-delà du minimum obligatoire, ne profitent que marginalement de cet avantage fiscal.
Les pensions privées sont devenues un privilège pour quelques-uns et une source d’injustice pour tous les autres, selon l’analyse.
Quel impact sur les générations plus jeunes ?
L’article souligne que ce système creuse également un fossé générationnel, les jeunes actifs finançant indirectement, via l’impôt, des avantages fiscaux dont bénéficient surtout des retraités ou futurs retraités plus aisés. Alors que les jeunes générations peinent déjà à épargner en raison de la hausse du coût de la vie et de l’accès plus difficile à la propriété, elles contribuent malgré tout au financement public de ces subventions inégalitaires.
Quelles solutions sont proposées ?
L’auteur appelle John Healey à instaurer un taux unique d’allégement fiscal pour toutes les cotisations retraite, indépendamment du niveau de revenu, afin de réduire cette distorsion. Une telle réforme permettrait, selon l’analyse, de redistribuer plus équitablement le soutien public à l’épargne retraite et de limiter l’élargissement des inégalités entre riches et pauvres, ainsi qu’entre générations.

